Fondateur 16 avril 2026

Jamal Abdelkhalek : de Bruxelles a Casablanca, l'histoire du fondateur de Sayfetly

J'ai grandi dans un pays ou le paiement mobile etait normal. J'ai passe 5 ans dans un autre ou il est devenu universel. Puis je me suis installe au Maroc — et j'ai compris ce que je devais construire.

Bruxelles : la ou payer avec son telephone etait banal

Je suis ne et j'ai grandi en Belgique. Quand j'etais adolescent, Payconiq et Bancontact faisaient deja partie du quotidien. Rembourser un coloc apres les courses, payer ma part du restaurant, regler un achat au marche du dimanche — tout passait par le telephone.

Je n'y reflechissais pas. C'etait comme l'eau courante : ca marchait, et tout le monde l'utilisait. La Belgique n'est pas un pays de tech futuriste. C'est un petit pays pragmatique ou les banques se sont mises d'accord tot pour creer un systeme de paiement commun. Le resultat : tout le monde paie avec son telephone, et personne ne trouve ca remarquable.

C'est peut-etre la le signe qu'un systeme fonctionne vraiment — quand il devient invisible.

La Suisse : 5 ans avec TWINT

Je me suis installe en Suisse pour le travail. Cinq ans a Zurich et Geneve. C'est la que j'ai decouvert TWINT — et surtout, c'est la que j'ai compris pourquoi ca marchait.

TWINT n'est pas juste une app. C'est un consortium de six banques suisses qui ont decide de cooperer au lieu de se faire concurrence sur le paiement. Le resultat : une seule app, compatible avec toutes les banques, acceptee partout. Du Migros au marche de Lausanne, du parking souterrain au collegue qui te doit un cafe.

J'ai vu TWINT passer de quelques millions d'utilisateurs a plus de 5 millions — 68 % de la population adulte suisse. J'ai vecu l'adoption de l'interieur. Pas comme analyste, pas comme observateur, mais comme utilisateur quotidien.

Je n'ai pas lu un rapport sur TWINT. Je l'ai utilise tous les jours pendant 5 ans. Je n'ai pas etudie Payconiq. J'ai grandi avec. Le founder-market fit, je l'ai vecu — pas appris.

Ce que la Suisse m'a appris : le paiement mobile ne marche pas grace a la technologie. Il marche quand les banques cooperent, quand l'experience est sans friction, et quand c'est gratuit pour l'utilisateur. Architecture A2A, pas de wallet, pas de rechargement. L'argent passe de compte a compte.

Le Maroc : le choc du cash

Je me suis installe au Maroc. Premiere semaine a Casablanca. Il est 23 heures, je prends un taxi. A l'arrivee, je tends mon telephone par reflexe. Le chauffeur me regarde, perplexe. Cash seulement.

Je n'ai pas de cash. Je cherche un distributeur. Le premier est hors service. Le deuxieme est a 10 minutes a pied. J'ai fini par faire un detour absurde pour retirer 200 MAD et payer une course a 35 dirhams.

Ce moment-la a tout declenche. Pas parce que c'etait dramatique — c'etait juste un taxi. Mais parce que j'ai realise a quel point le quotidien financier au Maroc reposait encore sur le cash, alors que la population etait massivement equipee en smartphones.

Le probleme n'etait pas l'absence de technologie. C'etait l'absence du lien entre les comptes bancaires existants et la vie quotidienne.

JADEV-CORP : construire avant de lancer

Avant de lancer Sayfetly, j'ai fonde JADEV-CORP — une societe d'ingenierie logicielle. Parce que pour construire une app de paiement, il faut d'abord une equipe capable de la construire bien.

L'equipe est en place. On a candidater au programme MFC Fintech Booster. On construit Sayfetly avec la meme rigueur technique qu'on applique a tous nos projets — pas de raccourcis, pas de prototypes jetes en production.

Pourquoi moi, pourquoi maintenant

La question que tout investisseur pose : pourquoi vous ? Pourquoi pas un des acteurs deja presents ?

Ma reponse est simple. Les acteurs actuels au Maroc construisent des wallets — des portefeuilles qu'il faut recharger, qui sortent l'argent du circuit bancaire, qui ajoutent de la friction au lieu d'en enlever.

Moi, je viens de deux pays ou le modele A2A a gagne. Je sais comment ca marche parce que je l'ai utilise pendant plus de 15 ans. La Belgique m'a montre que le paiement mobile pouvait etre banal. La Suisse m'a montre comment on passe de zero a 68 % d'adoption. Le Maroc m'a montre ou ca manque.

Le founder-market fit n'est pas un concept pour moi. C'est une biographie.

La vision

Construire le rail de paiement A2A marocain. Un systeme qui fonctionne pour tout le monde — de l'etudiant qui partage un taxi avec ses amis au bakal qui vend du pain dans la medina. Gratuit pour les particuliers. Simple pour les commercants. Compatible avec les banques existantes.

Le Maroc a 37 millions de smartphones et des millions de comptes bancaires. Il manque le lien entre les deux. C'est Sayfetly.

Sayfetly arrive bientot.

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